30 novembre 2020

Z comme Zoom sur mes arrière-grands-parents maternels

Par jlgrandidier

Jean, François Offret (né le 27 mars 1868 à Kermoloc’h) et Nathalie, Marie Goëlou ou Gouelou (née le 26 octobre 1872) s’unissent à Bégard, pays de l’épouse, le 1er septembre 1893, où ils s’établirent.

Des études montrent que, en 1901, la Bretagne bretonnante utilise peu les méthodes de contraception connues à l’époque d’où une forte natalité : de cette union naîtrons 12 enfants dont mon grand-père Louis Offret (notons que 3 décèderont en bas‑âge).

Jean François, comme son père (et comme le seront quasiment tous ses fils) était maçon. Nathalie, (qui ne savait ni lire ni écrire), est dite ménagère. Comme si être mère de famille nombreuse n’était pas une profession à part entière !

Il faut se rappeler qu’avant la Première Guerre mondiale (malgré les différentes lois et arrêtés pris depuis longtemps) la moitié de la population de la Basse‑Bretagne ne connaissait que le breton l’autre moitié étant bilingue breton-français. Vers 1835, le langage « brezounecq » vulgairement nommé bas‑breton était la langue nationale de plus de 1 100 000 habitants sur les 1 556 790 qui composaient la population des départements du Morbihan, du Finistère et des Côtes-du-Nord

La politique scolaire contre le breton date de la fin du xixe siècle. Elle utilise alors deux méthodes :

  • d’une part, le breton n’est plus enseigné à l’école, car on fait fermer les écoles en breton,
  • d’autre part, le français doit être la seule langue utilisée dans les écoles républicaines, y compris dans les cours de récréation. Comme les autres locuteurs des langues parlées en France et dans les possessions françaises d’outre-mer, les élèves bretonnants subissent des persécutions officielles au moyen notamment de pratiques humiliantes. Ainsi se répand la pratique du « symbole », petit objet qui passe au cou d’élève à élève pendant la récréation à chaque fois que l’un d’entre eux parle breton, avec une punition pour le dernier élève à l’avoir.

Mais ce n’est que dans les années 1930 qu’une grande partie des « bretonnants » passera au français pour plusieurs raisons :

  • profitant du fait que le breton soit une langue orale et très peu écrite (les enfants partant bien souvent en mer avec les aînés), l’état impose le français comme langue de communication formelle ;
  • c’était le moyen de communiquer avec le reste de la France, à la suite du brassage national accéléré par la Première Guerre mondiale et par l’amélioration des voies de communication ;
  • l’éducation nationale interdisait et réprimandait toujours l’usage du breton.

    Bégard, ville où sont installés les Offret

    Bégard doit son origine aux fondateurs de l’abbaye situé jadis au lieu-dit Pluscoat (ancienne forêt située sur territoire de Guénézan). Il s’agit d’un lieu fort solitaire qu’habitait seul un pieux ermite du nom de Raoul ne vivant que d’aumônes et que l’on désignait à cause de cela sous le surnom de Bégar

    Le nom de la localité est mentionné sous la forme ancienne régulière Begar et (hormis une mention isolée de 1330), le -d final n’apparaît pas avant la fin du xviiie siècle.

    En 1129, quatre cisterciens de l’Abbaye de l’Aumône (diocèse de Chartres), sollicitent de Baldric, archevêque de Dol, un établissement de leur ordre en Bretagne. Le prélat les adresse alors à Geffroy Botherel, comte de Lamballe, qui lui‑même les recommande à son père, Etienne iii, comte de Penthièvre et époux d’Havoise, comtesse de Guingamp.

    Etienne accorde le terrain, et Raoul, évêque de Tréguier, l’autorisation ecclésiastique. Ce monastère est le premier établissement des Bénédictins de la congrégation de Cîteaux en Bretagne, et il se qualifie pour cela sans doute de Petit-Cîteaux, nom qui sera remplacé plus tard par celui de « Abbatia beatae Mariae de Begario ». L’abbaye de Bégard est citée en 1330 (lors du procès de canonisation de Saint-Yves). En effet à cette époque, « le frère Pierre, religieux, abbé du monastère de Bégard, de l’Ordre de Cîteaux, au diocèse de Tréguier, âgé de 50 ans ” (témoin n°19) dépose lors de l’enquête sur la vie de Saint Yves ».

     

    Quelques vues de Bégard à l’époque de mes arrière-grands-parents à travers de vieilles cartes postales