B comme Ban

Dans notre Généalogie, Jean-Joseph Grandidier (1697-1788) sera Maire du Ban d’Etival

Qu’est-ce qu’un « Ban » ?

Si l’on se réfère au « Robert » dictionnaire de la langue française (ci-dessus), on n’est guère avancé…

On trouve encore nombre de villages dans les Vosges et en Lorraine contenant le mot « Ban » : Ban de la Roche, Ban de Laveline et plus loin, en Lorraine Ban Saint‑Martin Serait-ce un terme lorrain ?

Après de nombreuses recherches, j’ai enfin trouvé dans un dictionnaire d’autrefois (1606) la confirmation ce que supposais : ce nom « Ban » viendrait du mot allemand Bann, qui signifie un champ.Ne pas confondre avec le français « fief » et « arrière-fief » (déclinaison du Feld allemand signifiant aussi champ). Le fief étant pris dans le sens du territoire, ou de la contrée assignée à être régie par l’armée ou la police… alors que le territoire appelé « ban » se définira sur un plan plus économique, moins guerrier, l’exploitation de la terre « par la ferme et aux champs ».

 

 

 

Selon cette acception, on retrouve l’origine du Four et du Moulin Banier (ou Bannier, selon l’orthographe allemande), qu’on appelle encore four et moulin à ban ou bannal, c’est-à-dire moulin ou four où les habitants du « ban » pouvaient venir moudre leurs grains ou cuire leur pain.

Ainsi, le Ban d’Etival correspondait, depuis que Thiébaut II, duc de Lorraine, avait accordé en 1309 les droits de haute, moyenne et basse justice au père Abbé de l’abbaye d’étival, nommé évêque in partibus (ce qui lui donnait des droits quasi épiscopaux dans son territoire et quelques paroisses de sa dépendance), à un vaste territoire dépendant de la prestigieuse abbaye de l’ordre des Prémontrés

Les règles de l’économie et le respect de l’Ordre sont restaurés promptement, par la mise en place d’une féodalité religieuse. L’essor de l’habitat en pierre et en bois, la multiplication des granges et la rénovation du domaine en ferme et cens accompagne un renouveau démographique qui déborde leur juridiction.

Aussi, pour mieux gouverner leur ban de plus en plus populeux et permettre de retrouver une vie spirituelle en l’abbaye d’étival, les chanoines divisent le ban en deux parties qui reçoivent chacun un nouveau centre économique.

Au nord, le « bas‑ban » avec La Neuville les Raon, doté d’un port sur la Meurthe, comprend aussi les communautés de Saint-Rémy et d’ étival.

Le « haut‑ban » avec Nompatelize (Noberti ecclesia), lieu de rassemblement des hommes sur le plateau, communiquant par voie de roulage avec le petit port de Bourmont, est composé de celles de La Salle, La Bourgonce, et Saint-Michel-sur-Meurthe.

Le vaste « ban » a ainsi donné naissance à sept communes différentes.

Notre ancêtre Jean-Joseph Grandidier (1697‑1788) arrive à une période charnière et pourrait avoir été l’un des derniers Maires du Ban d’étival, car, en 1747, la paroisse perd son indépendance et est rattachée à l’évêché de Toul.

Sur un plan agronomique, « ban » a un sens sensiblement différent :

Jusqu’au début du 20e siècle, le territoire agricole cultivé (donc pas les prairies) d’une commune était divisé en bans. Chaque ban devait être cultivé de manière unique, quel que soit le nombre de paysans y intervenant.

Un ban était affecté au blé et cultures d’automne, un autre aux céréales de printemps (avoine…) et le troisième aux jachères et cultures fourragères annuelles (trèfles, betteraves…). Ceci pour un assolement triennal.Ainsi, l’année suivante les cultures se déplaçaient.

Ce mode de division était imposé par le morcellement des parcelles et l’absence de chemin. Il fallait passer par les terres cultivées pour se rendre dans les parcelles les plus éloignées. Si tout le monde mettait la même culture, les déplacements avaient lieu à la même période et les dégâts causés au passage étaient moins importants…

Par extension :

  • Le ban des Vendanges: la publication du jour où la vendange s’.. (de même, on parlait de ban de fauchaison ou encore de ban de moisson)
  • le ban des haricots a donné l’expression « la fin des haricots», l’endroit où sont plantés les haricots…

Enfin, en patois vosgien, le garde champêtre était le « Ban-oua-banhoua ».

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